Un nouvel atelier de brassage à Paris, la Beer Fabrique

C’est le dernier né des ateliers de brassage parisiens: la Beer Fabrique vient d’ouvrir ses portes, dans le 11e arrondissement, à Paris, rue Guillaume Bertrand. Cet atelier arrive dans un secteur où la demande excède largement l’offre et devrait donc sans problème se faire une place à côté de Brew unique ou de l’atelier de brassage proposé par la Montreuilloise, par exemple (lire ce vieux post)…

« Notre ambition, c’est de vous initier à la bière, de vous la faire comprendre, déguster et surtout brasser. Et qui sait ? Peut-être un jour deviendrez-vous des maîtres brasseurs? », expliquent les fondateurs.

Ouverte depuis la fin août, la Beer Fabrique propose deux ateliers, l’un « découverte », plus orienté dégustation, et le second de brassage proprement dit. Pour l’instant il y a pas mal de disponibilités sur leur calendrier donc si vous n’arrivez pas à vous inscrire à un atelier ailleurs, cela peut être une bonne idée de voir de ce côté, d’autant plus que les prix (160 euros pour deux personnes) sont les mêmes: le premier créneau de libre à Brew unique est en février 2017!

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Un petit bémol cependant, pour l’instant la Beer Fabrique ne propose que six recettes de bière à brasser (blonde, blanche, IPA, de style abbaye, de noël et au citron vert), mais j’imagine que les créateurs du lieu vont rapidement proposer de nouvelles recettes comme ils le font depuis quelques semaines.

Martin et Manuel, les créateurs de l’atelier, se sont formés à l’institut français de la brasserie et de la malterie. « Passionnés par la bière et amateurs de dégustations, nous avons découvert un jour presque par hasard que n’importe qui, armé d’un peu de curiosité et d’un équipement adapté, peut fabriquer sa bière dans sa cuisine », rappellent-ils à juste titre!

Pas besoin en effet d’avoir une grosse installation chez soi pour se lancer (voir à ce sujet par exemple les tutoriels d’Univers bière). Mais les ateliers de brassage de ce type permettent de donner un bon aperçu des techniques à maîtriser avant d’investir dans du matériel de cuisine chez soi…

 

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A l’Ouest de Paris, du nouveau

A tort ou à raison, l’image de la bière artisanale à Paris est très marquée « Est parisien », qui concentre la plupart des bars à (bonne) bière et les brasseries. Les beer geeks se rassemblent ainsi au cœur du boboland, le 11e arrondissement, mais découvrent également la banlieue comme Montreuil, par exemple.

La bière "L'Amour fou" (crédit photo: Amour Fou)
La bière « L’Amour fou » (crédit photo: Amour Fou)

Mais ça, c’était avant, car une nouvelle brasserie, l’Amour fou, est en cours de création à Neuilly-sur-Seine, la ville qui compte en France la plus grosse proportion de ménages assujettis à l’impôt sur la fortune. Va-t-on voir les héritiers de l’Oréal, une bière artisanale le matin à la main, signe indiscutable de l’ennoblissement de la bière?

Les mauvaises langues diront qu’à la vitesse à laquelle augmente le prix de la bière artisanale au comptoir, il n’y aura bientôt plus qu’eux à pouvoir en boire… Et pourtant même si la bière artisanale fait mal au porte-monnaie, il est clair que la qualité a un coût (mérité)!

Bref, sur leur page de financement participatif Ulule, voici ce qu’en disent les fondateurs de l’Amour fou, Eva Gallet et Sébastien Jallot:

« Notre projet est de créer la première brasserie de Neuilly-sur-Seine avec des recettes originales, inspirées et équilibrées. Notre devise : Drink less, Drink better, Drink local ! »

Les deux créateurs ont brassé leur premier brassin chez la brasserie de la P’tite soeur, à Sartrouville, avant peut être de pouvoir monter un jour leur propre structure. Quelques mots encore sur leur (beau) programme: « réhabiliter la bière comme une boisson subtile et raffinée » et « prouver que les vraies bonnes bières peuvent tout comme les vins ou les champagnes s’accorder avec les meilleurs plats ».

Les brasseurs ont récolté un peu plus de 4000 euros sur les 5000 demandés, à presque une semaine de la clôture. Évidemment, même avec la totalité de cette somme, cela ne suffira pas pour lancer une vraie brasserie en dur, mais pérennisera plutôt le brassage à façon de cette nouvelle marque. Un petit effort encore, Neuilly, et c’est bon…

La Birradamare, pour ne pas boire que des IPA

Il n’y a pas que l’amer dans la vie. J’avoue pourtant avoir une nette préférence pour les bières bien houblonnées, agrumeuses et tranchantes. Mais chaque règle souffre de ses exceptions et je me suis donc bien évidemment dévoué pour une dégustation de bières italiennes produites par Birradamare.

Le distributeur de cette brasserie a en effet eu la bonne idée de m’envoyer par la poste trois des productions de cette micro-brasserie fondée en 2004 près de Rome, la Zia Ale, la Bifuel et la Kasta. L’entreprise se distingue notamment, si l’on en croit son site internet, par une bière basée sur un orge « planté et récolté » dans les champs de la société, dans la campagne romaine, « ce qui démontre notre lien fort avec notre terre et notre volonté de garder nos terres productives« .

image20161011_212337373.jpgJ’ai commencé par goûter la Zia Ale, une bière surprenante, (5,5°c) de couleur bien jaune, brillante, avec belle effervescence. Au nez, j’ai été surpris par l’intensité des arômes, mais bien incapable de mettre un nom dessus (en fait il s’agit de romarin et d’artichaut), peut-être la faute à un voyage scolaire en Italie au collège un peu trop survolé dans la ferveur des premiers émois adolescents.

image20161011_212400454.jpgAprès la Zia Ale, j’ai enchaîné avec la Bifuel (6°c). Là encore, c’est une boisson très surprenante que je vous recommande d’essayer. Sa mousse très abondante et son corps très pétillant se doublent d’arômes de raisins très prononcés, le tout avec une amertume très faible, très adaptée pour les apéritifs. La brasserie précise qu’il s’agit « d’une sorte de bière » créée en ajoutant aux malts une « combinaison de raisins », issus d’un vignoble sur la côte du Latium.

image20161011_212351281.jpgEnfin, si vous aimez la châtaigne, vous allez apprécier la Kasta (5,8°c), puisque l’arôme de ce fruit est très bien identifiable dans cette bière! Les châtaignes, séchées au four et ajoutées au moût, apportent aussi une saveur fumée à cette bière blonde, pétillante, qui présente également un nez légèrement fruité (abricot, banane). Trois bières, au look très sympa entre canette et flasque, donc à conseiller à tous ceux qui fuient les amertumes trop prononcées.

 

Les bars à bière artisanale, un petit monde en pleine effervescence

À ce rythme-là, je vais finir obèse ou alcoolique: La rentrée de la bière artisanale bat son plein à Paris, et les événements de beer geek pleuvent sur la ville comme le houblon dans une IPA. Jeudi soir, le Festin Nu organisait ainsi une petite session américaine avec un fût de Kentucky Ryed Chiquen d’Against the Grain Brewery & Smokehouse.

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La Kentucky Ryed Chiquen

Le déplacement dans ce bar du 18e valait le coup avec cette bière au seigle forte (plus de 8 degrés), très douce, presque liquoreuse, avec un super retour en bouche, un nez de fruits tropicaux, et surtout un arôme puissant de vanille et de chêne.

Les nouveaux patrons du bar avaient également dans leur besace une autre bière de la brasserie, la Citra Ass down, une imperial IPA, mais mon foie a préféré une sage retraite plutôt qu’une périlleuse avancée alcoolique lointaine dans la nuit.

Le lendemain, rebelote avec cette fois, dans ma rue, le Bar and Beer qui organisait un tap takeover avec la brasserie de l’Être, l’occasion donc de rencontrer des membres de cette brasserie parisienne fondée en 2015 le long du canal de l’Ourcq.

Les quatre bières de cette brasserie, très bien distribuée à Paris (caves, la grande épicerie du Bon marché, etc.) étaient à la pression, et j’ai pu déguster leurs bières aux noms mystérieuses: la Salamandra, une saison à

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Les brasseurs de la brasserie de l’Etre (photo Paris beer week / Marc Beguin)

la robe vraiment très pâle, translucide, un peu acide et pétillante en bouche, et l’Oliphant, une IPA qui a le mérite d’être produite avec des houblons français et l’inconvénient d’être produite avec des houblons français…. Cela donne une IPA légère à la robe claire, avec des parfums d’agrumes, un peu de rondeur et un bonne équilibre, mais laisse un peu sur sa faim côté amertume…

Les deux patrons de la brasserie de l’Être

La semaine dernière, j’avais enfin loupé une soirée « bières bretonnes » à l’Hoppy Corner, près des grands boulevards, un très bon bar qui a ouvert en mars 2015 et pris le pli de proposer des grains de malts comme biscuits apéro ! Tout ça pour dire que derrière les trois grands bars historiques parisiens, La Fine Mousse, les Trois Huit, l’Express de Lyon, une flopée de nouvelles adresses est en train d’émerger: il y a par l’exemple l’Outland bar, de la brasserie du même nom, en préparation.

On m’a également contacté pour m’informer d’un projet d’un breton exilé à Paris, Julien, qui aimerait bien ouvrir un bar dédié aux brasseries artisanales bretonnes, ou encore pour me dire que le Monk, rue de la Harpe dans le 5e, « dédié au monde de la bière et au phénomène grandissant des craft beer », propose désormais dix bières à la pression, visiblement très anglo-saxonnes puisque sur l’extrait de carte envoyé (je n’ai pas eu le temps d’y faire un tour), on distingue des bières de Siren craft, de Beavertown, ou encore de la plus très artisanale Brooklyn. Et il n’y a pas que les bars à ouvrir: un nouvel atelier de brassage de bière parisien vient de voir le jour, la beer fabrique

Tous ces estaminets ne seront pas forcément les lieux de rêve des beer geeks, mais leur présence fait bouger les lignes. Dans mon quartier, l’arrivée du Bar and Beer a poussé d’autres patrons de bar à mettre en avant un fût de bière artisanale à la place d’une mousse insipide. La tendance craft beer fait donc tâche d’huile…