Du houblon au coin de sa rue

Le houblon, c’est la vie (du brasseur). Mais parfois, ce dernier doit être importé de contrées lointaines, la faute à une production qui végète en France, essentiellement dans le Nord et en Alsace. Je viens de découvrir un beau projet qui vise justement à relocaliser cette culture dans les Pays-de-la-Loire à la ferme du Marais-Champs, à Bourgneuf-en-Retz (44).

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Le business plan de l’association « Le Champ du houblon »

Ce projet, porté par l’association « Le champ du houblon », a déjà recueilli plus de 13 000 euros sur la plateforme de financement participatif Ulule, soit déjà plus qu’escompté. Mais il manque encore quelques pièces pour financer en intégralité le projet, estimé à 23 000 euros en tout.

L’association veut « cultiver du houblon bio de plusieurs variétés de manière non-industrielle en respectant le cahier des charges de l’agriculture biologique », « mettre en place une production agricole à taille humaine, respectueuse de l’environnement, créatrice d’emploi et ancrée sur un territoire », et « apporter de la matière première principalement aux micro-brasseurs en quête de houblon de qualité en créant de vrais liens de coopération ».

Le projet de houblonnière, qui pourrait produire ses premiers cônes en 2018, est porté par Matthieu Cosson, et pourrait s’étendre sur un hectare si j’ai bien compris (soit 2 000 pieds de houblon et une tonne produite à terme). On laisse le mot de la fin à Matthieu, qui dit ceci à propos de cette belle aventure:

« L’idée n’a pas germé dans ma tête comme ça en me levant un matin. Elle est le fruit de rencontres entre des brasseurs, des paysans, des consommateurs, des ami(e)s … C’est une aventure collective motivante et entrainante pour pas mal de gens. Je souhaite que le projet débouche sur la création d’une houblonnière coopérative réunissant paysans, brasseurs, acteurs publics et consommateurs. »

A la question, « Paris brasse-t-il? », la réponse est oui

Les brasseries franciliennes ont le vent en poupe et ça fait plaisir à voir ! Dans la foulée d’une troisième édition réussie de la Paris Beer Week, les brasseries parisiennes ont semé les bonnes nouvelles comme autant de grains d’orge dans un champ au printemps. Tout d’abord, c’est désormais officiel: la brasserie francilienne Outland vient de s’installer à Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne, rue André Tissier. La brasserie a profité de la troisième édition de la Paris Beer Week pour annoncer ce bel événement, en organisant un « beer cruise » que j’ai raté, la faute à une roue avant voilée!

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Crédit photo: Outland

Fondée en 2012, la brasserie occupe désormais un bâtiment de 300 mètres carrés qui compte une unité de brassage et cinq fermenteurs. Last but not least, un bar Outland devrait également ouvrir prochainement…

De son côté, Deck & Donohue, installée à Montreuil, vient d’annoncer la création d’un deuxième site de brassage. Ce deuxième site ne sera pas cependant à Montreuil, mais à Bonneuil-sur-Marne, à une vingtaine de kilomètres.

« Depuis deux ans, votre engouement pour nos bières a été au-dessus de nos attentes, et l’atelier de Montreuil montrait ses limites depuis plusieurs mois : l’espace manque, nos palettes envahissent la cour que nous partageons avec nos voisins, et les journées d’embouteillage sont longues, très longues », expliquent les brasseurs.

« Même si nous n’avons pas trouvé de nouveau site approprié à Montreuil même, nous voulons vraiment rester ancrés dans la ville et dans notre quartier », précisent-ils également. Le site actuel de Montreuil reste bien sûr ouvert, mais sa vocation pourrait changer: les brasseurs veulent étendre ses horaires d’ouverture et y brasser « davantage de bières spéciales », en série limitée ou en collaboration.

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Enfin, la Montreuilloise, également citée dans cette ville très prolifique pour la brasserie artisanale, fête ce week-end, dimanche 15 mai 2016, ses deux ans. Au programme plusieurs concerts, Roots of dar gnawa, The Moonshiners, et le collectif Old Reggae Friends Sound System.

L’événement est organisé dans le cadre du Festival des Murs à Pêches. La brasserie vient également de publier un livre, « Faire sa bière à la maison« , publié aux éditions Tana, dont je vous parlerais en détail dans un prochain post. La brasserie y partage ses recettes et ses astuces de brassage.

Un webdocumentaire sur une brasserie varoise

La brasserie d’Esperluette vient de mettre en ligne un webdoc qui retrace la vie de cet établissement situé en Provence, à Esparron (Var). « Oh bonne bière », c’est son nom, explique le fonctionnement d’une brasserie en plusieurs chapitres: la brasserie proprement dite, l’approvisionnement, le brassage, les distributeurs, et un apéro-concert.

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Le tout dure une vingtaine de minutes, sur fond entraînant de guitare sèche. Alors j’ai bien aimé cette initiative originale qui donne à voir le métier de brasseur indépendant, loin des usines. Par contre, dommage que le brassage, qui n’apparaît que sous forme d’un diaporama photo, comme d’autres séquences du webdoc, ne soit pas filmé en vidéo.

Mais qu’importe! Ce qui est vraiment intéressant dans ce webdoc, outre la découverte de la brasserie, c’est la place donnée aux partenaires du brasseur: le céréalier ou encore le distributeur qui expliquent pourquoi et comment ils travaillent avec une brasserie locale. Enfin, l’infographie expliquant le brassage est également à voir et très bien réalisée, je vous recommande donc d’y faire un détour lors de vos prochaines navigations sur internet…