Quand les « petits » brasseurs se rebiffent…

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas pris le temps d’écrire un post sur ce blog… La faute au temps qui court, aux urgences de la vie quotidienne, mais aussi au concours de brassage de la Paris Beer Week, dont je vous parlerai très prochainement ! Je ne résiste cependant pas à reprendre le clavier pour vous faire part de l’éditorial très intéressant écrit par Olivier Sénéchal, brasseur, formateur au Cfppa de Douai, et bien sûr secrétaire de l’association nordiste « Les Amis de la bière« .

 

Étant adhérent de cette sympathique association, je reçois en effet régulièrement la « Gazette », le journal de l’association. Le dernier numéro 75, daté de mai-juin 2014, ne pouvait pas faire l’impasse sur le « pacte de responsabilité » proposé par l’association des brasseurs de France et notamment leur proposition, qui a fait grincer des dents, de créer une formation obligatoire qualifiante pour le métier de brasseur.

Derrière cette proposition, beaucoup y voient la volonté des grandes brasseries de fermer le marché aux brasseurs artisanaux, qui finalement feraient de la concurrence aux bières de grande consommation. « Alors, les brasseurs de ‘salle de bain’ ne respecteraient pas les normes sanitaires? », demande Olivier Sénéchal dans son éditorial. « il est vrai qu’au début de la création des microbrasseries, dans les années 80/85, il y eut quelques surprises », admet-il.

Mais depuis, grâce justement aux formations, les choses ont évolué. Même dans les concours de brasseurs amateurs (Saint-Nicolas-du-Port, Sainte-Maire-Cappel), les infections sont devenues rares. quand bien même, ces infections ne concernent que la qualité organoleptique du produit car il n’y a aucun danger pour la santé du consommateur ». Olivier Sénéchal, qui a de la bouteille (et de la mémoire) dans le métier, rappelle d’ailleurs que s’il existait auparavant un CAP de malteur-brasseur et un certificat de qualification professionnelle, « ces formations diplômantes s’arrêtèrent, faute de participants, les patrons n’envoyant plus leur personnel se former ».

Pour enfoncer le clou, Olivier Sénéchal souligne « que les microbrasseries et les brasseries artisanales ne sont pas responsables de la perte de 25% de production en 25 ans des grands groupes ». « Côté formation, je pense que (presque) tous les brasseurs qui s’installent savent qu’on ne s’improvise pas brasseur et suivent une formation, poursuit-il. La meilleur preuve en est l’engouement du public pour les bières artisanales, les bières de tradition qui sont des bières de qualité avec une étonnante palette de goûts, de couleurs, de sensations et de diversités, contrairement aux bières standardisés linéaires. »… Fermez le ban ! On devrait en savoir un peu plus sur ce dossier prochainement, puisque Olivier Sénéchal mentionne également dans son article la tenue d’une réunion, fin avril, entre organismes de formation, grands groupes brassicoles, associations et Brasseurs de France. A suivre, donc!

 

 

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