Les micro-brasseurs doivent-ils se réjouir de la chute du cartel allemand de la bière?

La guerre des petits brasseurs contre les gros est relancée, ce matin, par un article des « Échos », qui annonce qu’un  « millier de petits brasseurs locaux allemands va sans doute se frotter les mains ». La raison? La condamnation de cinq brasseurs allemands pour s’être entendu sur les prix entre 2006 et 2008, à une amende de 106,5 millions d’euros.

Pas sûr pour autant que cette condamnation profite aux micro-brasseurs, qui ne sont pas vraiment en situation de concurrence économique avec les brasseurs industriels. Mais qu’importe: avec la baisse de la consommation de bière (-8% en CHR en 2013), juxtaposée au vent de poupe favorable aux nouveaux micro-brasseurs, les tensions s’exacerbent dans la brasserie. En témoigne par exemple la polémique, en octobre 2013, autour du slogan du salon des bières artisanales de Trégunc, en Bretagne,  le Bierzhistan, à savoir « Kro Er Maez », soit « Kro dehors »…

Selon le Télégramme, le président des Brasseurs de France, Philippe Vasseur,  a déclaré que « le fait de signifier à l’un des principaux acteurs du marché que sa présence n’est pas souhaitable sur le sol breton nous semble une atteinte insupportable à son image » et « le reflet d’une animosité peu en phase avec les valeurs de notre profession ». « Nous pouvons considérer que Kro est devenu un nom générique que l’on assimile à une bière standard sans saveur », rétorquait alors Bierzhistan.

C’est un vrai débat: les brasseurs, qu’ils soient petits ou gros, font-ils tous le même métier? Est-ce la même chose que de produire sa bière à petite échelle ou en quantité industrielle? Certains en doutent et portent plainte, comme en Californie et dans le Missouri (USA). Budweiser était ainsi accusée, en février 2013, de mettre trop d’eau dans sa bière, c’est à dire en diluant trop l’extrait de malt permettant de fabriquer la boisson… Affaire à suivre.